Notre civilisation ne se porte pas pour le mieux.
Trois facteurs clefs sont à prendre en considération actuellement  :
– L’ épuisement des ressources (métaux, sables, terres rares, phosphore…)
– L’épuisement des sources d’énergie (pétrole, charbon, gaz…)
– Les déséquilibres des écosystèmes (réchauffement climatique, extinction massive des espèces et rupture des cycles naturels…).
Aux regards de ces observations, de plus en plus de chercheurs sérieux pensent que notre civilisation thermo-industrielle se dirige au mieux vers un déclin, au pire vers un effondrement.

Le but ici n’est pas de créer la panique ou de culpabiliser mais simplement de préparer la résilience dès maintenant au travers d’un réseau d’initiatives locales variées. L’histoire nous montre que « dans une catastrophe, les humains ne se transforment pas en monstres, ils ont plutôt tendance au contraire à s’entraider » . L’entre-aide et la coopération devraient donc nous permettre d’anticiper la société totalement nouvelle de demain.

L’escargot tranquille, c’est d’abord d’un projet de vie. Nous sommes un foyer de 4 humains (2 adultes et 2 enfants), un chien, un chat, des poules et des canards. Sur une parcelle de 7000 m², nous mettons en place une micro-ferme visant à produire une partie de l’alimentation de notre foyer et, nous l’espérons, de pouvoir vendre ou échanger les surplus. Nous produisons ou allons produire, des légumes, des fruits (petits et grands), des céréales (blé et maïs), des légumineuses (pois chiche, lentille, haricot), des plantes aromatiques et des œufs de poules.

Le but à long terme de l’association est de développer une agriculture consommant moins de calories qu’elle n’en produit. Nous cherchons donc à tendre vers un système auto-fertile fonctionnant sans intrants extérieurs (énergies fossiles, composts et fumiers, semences, terreaux etc.).  Pour se faire, nous expérimentons des méthodes inspirées des connaissances acquises par la science, des principes de la permaculture mais aussi des différentes connaissances empiriques issues du monde paysan. Ainsi, tous nos choix sont pensés pour limiter l’énergie nécessaire à la production de chaque calorie : par exemple nous travaillons sur sols vivants avec une grande diversité d’espèces vivaces et annuelles que nous voulons à terme multiplier nous-même ; nous n’utilisons aucune mécanisation pour la culture… etc.

Pour certains travaux (par exemple le battage des graines, le pompage de l’eau…), nous allons tenter de (re)trouver ou de développer s’ils n’existent pas encore des outils low-tech.

Même si l’objet principal de l’escargot tranquille est la production alimentaire, il s’agit aussi d’un projet global où nous nous questionnons aussi sur les autres besoins fondamentaux  : l’habitat, l’artisanat, l’habillement, la communication, les divertissements.

Cette approche très pragmatique n’empêche pas de penser l’ensemble du projet de manière esthétique : quitte à penser un lieu de A à Z, autant le créer « beau » en gardant à l’esprit que « la beauté est dans l’œil de celui qui regarde » .

Enfin, pour articuler toute cette réflexion, certaines valeurs nous sont chères : la bienveillance (envers les Humains, les animaux et la nature dans son ensemble), le partage, la sobriété heureuse et la créativité.