Quelques nouvelles de l’été

Bonjour à tous.

Cela fait encore bien longtemps que nous ne vous avons pas donné de nouvelles. Je n’ose même pas chercher depuis quand, j’ai honte ! N’ayant pas vraiment d’excuses, je préfère passer directement aux nouvelles :-)
L’avantage de n’en donner que sporadiquement, c’est qu’il y a beaucoup à raconter. Il s’est en effet passé pas mal de choses durant ces derniers mois. Je vais essayer de ne pas trop m’éparpiller.
Tout d’abord certains des fondements même de l’escargot tranquille ont été mis à mal et on va vous expliquer pourquoi.Pour rappel, le projet dans sa partie agricole avait pour vocation d’expérimenter des techniques, méthodes et pratiques visant à produire un maximum de calories (alimentaires) sur un minimum de surface tout en s’affranchissant des énergies fossiles (principalement le pétrole) ET de faire tout cela en se passant de l’élevage (et de fumiers issus d’élevages extérieurs).Et puis presque par hasard (à force de chercher comment séparer le vrai du faux parmi les nombreuses fake-news, théories du complot, tous les discours idéologiques que l’on peut parfois trouver dans les milieux écolo/bio/permaculture et qui sont parfois complètement contradictoires), j’ai découvert « l’univers » de la pensée critique, qui n’est rien d’autre que l’application concrète de l’approche hypothético-déductive (plus communément appelée la méthode scientifique). J’ai pris alors conscience que l’image que j’avais de la « science » était complètement galvaudée. Je ne vais pas rentrer dans le détail, je vous invite, si le sujet vous intéresse à consulter l’article dans notre blog : Hygiène mentale et autodéfense intellectuelle.Ce nouveau prisme de lecture a eu pour conséquence de remettre en cause beaucoup de mes croyances (et quand je dis « je », c’est bien de votre narrateur dont il s’agit et donc Gwendal) et par voie de conséquence mon adhésion à l’idéologie Végane (c’est très résumé mais en gros…c’est ça :-). En plus de cette évolution, nous avons essuyé une énorme invasion de limaces et d’escargots l’année dernière. Suite à tout cela, nous avons donc décidé de faire évoluer le projet en y intégrant poules et canards qui nous rendent depuis plusieurs services : réduction de la population de gastéropodes, désherbage, tondeuse sans pétrole, production de protéines animales.Nous avons dû mettre en place des clôtures un peu partout afin de créer différents parcours aux poules. Nous avons aussi construit un poulailler bioclimatique attenant à une petite serre (ainsi les poules chauffent la serre les nuits fraîches, et la serre chauffe le poulailler les journées ensoleillées).
Comme vous le voyez la problématique principale de la gestion énergétique est toujours au coeur du projet. Je vous invite d’ailleurs à visiter la page du blog que nous consacrons à cette question (L’énergie et la transition énergétique) afin d’appréhender ce domaine plus complexe qu’il n’y parait.D’ailleurs, depuis l’été dernier, la question du déclin (voire de l’effondrement) de notre civilisation lié entre autre à la raréfaction des ressources a envahi le débat publique. On ne compte plus les dossiers et articles consacrés au sujet. Il s’agit là d’un des fondements de « l’escargot tranquille » que nous avions traité sur le blog : L’effondrement ou « comment construire le déclin ?
Pour continuer sur les nouveautés, nous avons aussi construit un petit local à côté des yourtes qui nous sert de cuisine d’été (pour les transfos), de tisanerie avec un grand séchoir à plantes auto-construit, et de rangement. Il s’agit là d’une construction très low-tech presque entièrement en matériaux trouvé sur place (argile, foin…) ou de récup’ (palettes, poteaux, vieux meubles). Nous montons aussi petit à petit des murets en pierre sèches servant ainsi de parterre pour vivaces et plantes à fleurs hors d’atteinte des poules.
L’autre actualité, c’est Anaïs qui a quitté son travail afin de se consacrer entièrement à la création artisanale. Les productions se diversifient et sont de plus en plus abouties. A ce propos, elle vous informe qu’à la rentrée, s’ouvre une boutique associative regroupant une vingtaine de créateurs Mayennais (dont Anaïs :-) : « La fabrik d’ici »L’association a d’ailleurs lancé un appel à financement participatif afin de financer les premiers nombreux frais. Si le cœur vous en dit, n’hésitez pas à faire une offrande aussi modeste soit-elle, les petites rivières font les grands fleuves. Voici le lien : https ://www.helloasso.com/associations/la-fabrik-d-ici/collectes/la-fabrik-d-iciVous pourrez aussi voir quelques créations en photo dans cet email et de plus en plus sur notre blog et la boutique en ligne Etsy : https ://www.etsy.com/fr/shop/Lescargottranquille
Et pour finir parlons jardin et cultures. Pas de problèmes de limaces cette fois. Nos poules ont bien nettoyé le jardin pendant l’hiver en grattouillant un peu partout. Le printemps a été très productif et précoce (grâce à l’utilisation de voile de forçage cette année et aux semis sur notre couche chauffante à compost qui s’améliore d’année en année), nous faisant ainsi gagner quelques semaines d’avance. C’est la première année que je réussi très bien les carottes et ça c’est une vrai satisfaction. Nous avons continué à planter des vivaces (petits et grands fruits) à l’extérieur mais hélas pas mal de pertes sont à déplorer avec les chaleurs et canicules successives. Il faut le voir comme une forme de sélection naturelle qui ne garde que les espèces qui résisteront au climat rude qui nous attend. Le jardin lui aussi a souffert et le même « problème » est revenu comme chaque année… le manque de temps. Difficile de gérer à la fois jardin, fauche du foin, travaux de constructions divers, travail à l’extérieur et vie de famille.La prochaine saison, je vais donc réduire encore un peu le nombre d’espèces semées/plantées (pour m’y consacrer pleinement) et être plus raisonnable au jardin tant que les travaux de construction ne sont pas terminés.Quels sont-ils d’ailleurs ? Finir les clôtures entourant le terrain (peut-être accueillerons-nous quelques animaux en plus dans les années qui viennent : mouton de Ouessant, cochons d’Indes, lapins…), des toilettes/douches extérieures, creuser un puits avec éolienne de pompage, abri à vélo et cave semi-enterrée…De quoi s’occuper encore quelque temps.Nous réfléchissons à faire évoluer le fournil pour permettre de dégager du temps supplémentaire. Nous vous en dirons plus d’ici quelques temps.
Voilà pour le moment, comme d’habitude, on joint à ce message quelques photos et on espère continuer à communiquer régulièrement via Facebook/Instagram et évidemment avec cette petite newsletter…au moins vous ne pouvez pas nous accuser d’envahir votre boite mail :-D

Hygiène mentale et autodéfense intellectuelle


Le prisme de lecture que nous utilisons façonne nos connaissances, nos croyances, nos certitudes et donc notre vision du monde. Celle-ci dépend essentiellement de  notre éducation, notre culture et notre religion (si nous en avons une). Mais alors comment déceler le « vrai » ou du moins le « vraisemblable », des croyances. Avant toutes choses, il est important et même primordial de choisir avec « soin la méthode avec laquelle nous nous mettons des trucs dans le crâne ».

La méthode hypothético-déductive qu’on appelle plus simplement la « méthode scientifique » est celle qui jusqu’à présent est la plus fiable et la plus aboutie. Elle permet en effet de s’affranchir des nombreux biais cognitifs et des « défauts » de notre cerveau que l’Évolution a élaboré petit à petit pour permettre au genre homo de survivre dans la savane et non pour penser rationnellement !

Cette démarche va ainsi nous permettre d’éclairer le chemin sur lequel nous nous trouvons et  de faire des choix en connaissance de cause. Nous pouvons en effet tomber dans de nombreux travers et idéologies contre-productifs. Dans notre cas c’est principalement la question du modèle agricole qui nous intéresse. Bio-biodynamie, OGM, chimie, traction animale, exploitation animale, mécanisation, scientisme sont autant de sujets pouvant conduire à des idéologies.

Voici donc quelques références de base à regarder qui vont permettre d’avancer sur ces questions dans nos prochains sujets.


Un premier entretien avec Richard Monvoisin, enseignant à l’université de Grenoble et chercheur au CorteX :


Puis les épisodes de la chaîne « Hygiène mentale » à qui j’ai emprunté le titre de cet article. C’est plus complet et très poussé, en regardant les 28 épisodes de cette série vous serez armés lourdement pour faire tourner à plein régime votre esprit critique.


Un entretien avec l’écrivain Jean-Claude Carrière : « Homo narrans » (l’homme qui raconte) Interview réalisée autour des rapports de l’humain et de la croyance dans le cadre du documentaire « Les lois de l’attraction mentale »

Et pour aller plus loin si le sujet vous intéresse beaucoup, je ne saurais trop vous conseiller les cours que Richard Monvoisin donne à l’université et qui ont été entièrement filmés. Une session de 24 heures qui devrait vous permettre d’achever votre initiation à l’esprit critique.

L’effondrement ou « comment construire le déclin ? »

Cet article aborde l’un des aspects les plus difficiles à appréhender de la démarche de l’escargot tranquille. Au premier abord vous le trouverez peu-être anxiogène voire farfelu, certains n’y prêteront même aucun crédit, pourtant n’y voyez ni catastrophisme, ni vision apocalyptique pas plus qu’un fatalisme sans avenir. Au contraire, vous découvrirez que même dans le pire des scénarios, rien n’est jamais tout noir.

Au préalable, nous vous conseillons la lecture de  l’article du blog qui traite de l’énergie. Il est en effet important de bien comprendre clairement ce qu’est l’énergie et à quel point notre civilisation y est totalement dépendante.

Cette fois, nous allons nous appuyer sur les travaux de l’association ADRASTIA pour vous présenter ce sujet.

« Adrastia vient du grec ancien Adrasteia  :  » auquel on ne peut échapper « . Le Comité Adrastia a pour objectif d’anticiper et préparer le déclin de la civilisation thermo-industrielle de façon honnête, responsable et digne. »

Il s’agit d’une conférence très accessible proposée par Vincent Mignerot, divisée en 5 parties synthétiques et  qui résume parfaitement la problématique ! 

  1 – l’énergie, c’est tout

 

2 – Les limites du développement : manque d’énergie, fin des ressources

3 – Les limites du développement : perturbations climatiques majeures

4 – Pourquoi ne parvenons-nous pas à modifier le cours de notre évolution ?

 

5 – Adrastia, son éthique, son programme

« Adrastia n’envisage pas un déclin humain par crainte irrationnelle ou selon des argumentaires infondés. Tous les « facteurs limitants » évoqués sont vérifiables, les indices les plus accessibles éprouvant leur réalité sont d’ailleurs aisément accessibles : coût du pétrole et du gaz, augmentation de la quantité et de la gravité des conflits dans les pays où ils se situent (ou par lesquels ils transitent), taux de chômage, pouvoir d’achat, accessibilité aux soins, notamment pour les plus démunis, fracture sociale, stagnation globale des économies et déclin déjà entamé pour certaines. »

Pour compléter cette conférence, je vous propose 2 interventions de Vincent Mignerot
– un podcast de l’émission « Sismique » :

Et l’entretien réalisé par Thinkerview :

Si vous souhaitez compléter cette première approche, je vous conseille de fouiller le fond documentaire du site d’Adrastia. Je voudrais vous proposer quelques-uns des articles emblématiques mais je n’arrive pas à choisir alors bonne lecture !

Peut-on vraiment protéger l’environnement ?

Pour terminer ce cycle d’articles visant à comprendre les ressorts qui nous ont amené à faire nos choix, je vous propose une dernière conférence de Vincent Mignerot qu’il donne en tant que chercheur indépendant (et non plus en tant que président de l’association Adrastia comme la précédente vidéo sur la question de l’effondrement).
Ses hypothèses de travail cherchent à remonter à la source, à la cause des causes pour tenter d’expliquer comment l’espèce humaine a pu en arriver là.