Bienvenue sur le blog de l’escargot tranquille

Tout d’abord, sachez qu’il est sans prétentions mais a plutôt vocation à laisser une « trace » mais aussi à nous motiver pour formaliser notre démarche. Nous ne sommes ni écrivains, ni blogueurs chevronnés, ni grands penseurs. Nous sommes des gens simples avec l’envie de partager nos expériences et nos réflexions et pourquoi pas en « inspirer » d’autres…

Version courte
Si vous êtes pressé et pour faire simple (au risque d’être simpliste), l’escargot tranquille, c’est justement un hymne à la lenteur : prendre le temps d’observer, de réfléchir, d’expérimenter, de se tromper et de recommencer.

Après une analyse (personnelle donc subjective) de l’état de nos sociétés occidentales, nous estimons qu’il nous faut urgemment sortir de l’ère des énergies fossiles tout en traçant la voie vers une ère de bienveillance : envers les Hommes, les Animaux et la Nature en général. Évidemment dit comme ça, on dirait le pays des Bisounours. C’est pour ça qu’il y a la version longue pour détailler.

Version longue

Préambule
Nos sociétés sont aujourd’hui à un carrefour important de leur développement. En effet de nombreux enjeux entrent en ligne de compte dans les choix économiques, sociaux et environnementaux que nous avons à faire pour les décennies à venir. Il n’existe hélas aucuns modèles « clef en main » sur lesquels nous appuyer pour faire ces choix ; nous commençons seulement à défricher des chemins qui, espérons, nous mènerons vers un autre paradigme. De la même manière, il n’existe pas UNE Vérité ou UN Chemin qu’il faudrait élever sur un piédestal et suivre aveuglément.

Le contexte
Sans dresser un tableau catastrophiste de la situation actuelle, il nous semble néanmoins indispensable de prendre conscience de l’urgence d’une évolution de notre société : Dérèglements climatiques, pollutions des eaux, pertes de la biodiversité, pollutions chimiques et radioactives, inégalités sociales, spécisme, racisme, sexisme…sont autant de maux qui doivent nous encourager à réagir sans attendre que la solution vienne du haut de la pyramide hiérarchique. 

Agissons chacun à notre échelle ! Si nous revenons aux fondamentaux, quels sont les besoins qu’il nous faut combler pour vivre sereinement ? Besoin de se nourrir, de communiquer/échanger, de se loger, de s’habiller, de se divertir.

Ce projet, nous l’avons imaginé et rêvé en partant de ces fondamentaux.

– Le projet de vie –
Nous sommes un foyer de 3 humains (Gwendal 32 ans – paysan boulanger ; Anaïs 33 ans – Monitrice éducatrice avec une spécialité de médiation animale ; Tao 2 ans), un chien ( Frisko, Handi-chien de 4 ans qui travaille avec Anaïs auprès de public handicapé) et un chat (Voui, recueilli récemment) .

Nous souhaitons mettre en place un lieu de vie cohérent à plusieurs niveaux. Nous le voulons viable : économiquement, écologiquement et socialement.

Pour se faire, nous nous appuierons sur quelques notions qui nous serviront de fil rouge :

  • Bienveillance  :
    Il apparaît primordial de faire évoluer nos comportements pour tendre vers des relations plus sereines où chacun puisse s’épanouir partout dans le monde. Nous connaissons de plus en plus les concepts d’interdépendances qui montrent que toutes choses sont liées et dépendantes les unes des autres que ce soient les objets physiques, les gens, les animaux, les sensations, les perceptions, la pensée, la conscience. Il nous faut maintenant les appliquer dans nos vies quotidiennes à tous les niveaux : hommes et femmes, parents et enfants, Hommes et animaux,  Hommes et nature. Ces aspects sont les bases solides d’une autre civilisation, essayer d’en faire abstraction est aussi vain que de vouloir construire une maison sur du sable sans faire de fondations.
  • Sobriété heureuse
    Il n’est plus raisonnable d’imaginer un monde viable pour tous avec la consommation énergétique par habitant actuelle. Sans entrer dans les chiffres : nous consommons trop, gaspillons trop, jetons trop. A tous les niveaux, il nous faut repenser nos réels besoins : ai-je besoin d’une télé par pièce, de 2 voitures, de tomates en hivers, d’une maison de 100 m2 ? En y réfléchissant, et en y allant progressivement (il ne s’agit évidemment pas de tout lâcher pour aller vivre dans une grotte), nous nous rendons compte que beaucoup de biens pourraient être revus à la baisse sans entamer notre confort et surtout notre bonheur.
  • Indépendance face aux énergies fossiles
    Depuis moins de 200 ans, nous avons développé un monde totalement dépendant aux énergies fossiles non renouvelables (qui ont mis des millions d’années à se former soit dit en passant) que sont le pétrole, le charbon et le gaz. Par exemple en agriculture il faut aujourd’hui 10 calories (issues des énergies fossiles) pour produire 1 calorie consommable. Ce simple chiffre permet de mesurer l’ampleur du phénomène. Sachant que ces énergies sont en passe de disparaître, comment et surtout quand va commencer la transition ?
  • Spiritualité
    Je ne parle pas ici de religion, pas même de Dieu, mais bien de questionnement de fond sur notre place dans le cosmos. Il est important selon moi de garder à l’esprit ces notions qui peuvent aussi déterminer nos choix et nos convictions. Notre monde hyper-matérialiste a perdu ce lien aux mondes subtiles que je pense pourtant vital pour la bonne santé d’une civilisation.

Et concrètement, ça donne quoi ?

Cultiver et manger
La majorité de la surface (environ 7000 m2) disponible pour le projet sera consacrée à l’expérimentation agricole. Il s’agit de développer une « micro-ferme végétale » afin de produire une alimentation végétale de base constituée de céréales (blé, sarrasin, petit épeautre, maïs), de légumineuses (lentille, pois chiche, soja, haricot), d’oléagineux (tournesol, noix, noisettes), de légumes (de saison et variés) et de petits et grands fruits (fraises, framboise, cassis, pommes, poires, pêches, cerises, kiwi, figues…).

Une partie de ces productions seront transformées afin de les valoriser. Une vaste gamme pourra ainsi être proposée : pâtes, pains (à la farine de froment et de petit épeautre), galettes (de sarrasin et de maïs), houmous et falafels, tofu, confitures, fruits secs, tartinables divers… Elle sera vendue en directe le plus localement possible (au village ou sur un marché proche).

L’approche technique sera différente des approches classiques (bio ou conventionnelle). Elle s’inspire fortement des approches de la permaculture : le non-travail du sol pour favoriser l’activité biologique de la faune et de la flore de celui-ci, sa couverture permanente, le semis direct sous couvert, l’apport de matière organique humifiante, l’association de plantes à bénéfices réciproques, l’utilisation de l’agroforesterie, l’autoproduction de semences, la création de micro-climats locaux…
Cette approche permet d’obtenir de hauts rendements sur de petites surfaces. De plus, elle s’affranchit du tracteur car la mécanisation devient impossible. Il s’agit d’une agriculture manuelle à très faibles intrants : pas de tracteur, donc pas de carburant, pas de produits phytosanitaires, peu de semence.
Enfin, aucuns intrants issus de l’exploitation animale (fumiers par ex.) ne seront utilisés. La fertilité sera assurée par l’apport perpétuel de matières organiques (résidus de récolte, feuilles, brf…), les rotations, les associations multiples, la faune sauvage…


Habiter

Nous avons fait le choix de nous installer en habitat léger et avons fait construire une yourte contemporaine par une entreprise locale, Yourteco. D’une superficie de 60 m2 au sol, une mezzanine occupant un peu moins de la moitié de la surface augmente la surface utile. Les raisons principales de ce choix sont :

  • Économiques
    Accéder à un habitat confortable tout en sortant des contraintes de la location sans entrer dans celles de la propriété et sans la pression d’un lourd emprunt sur 25 ans.
  • Écologiques
    Des matériaux simples pour la plupart naturels et locaux, peu d’énergie grise pour la fabrication, faible consommation énergétique grâce aux principes bioclimatiques.
  • Esthétiques
    Vivre dans un habitat rond nous fait entrer dans une autre dimension.

Créer et s’amuser

Des activités créatrices graviterons autour du projet agricole. Ainsi, Anaïs qui fabrique des bijoux et des objets à base de métaux, bois et autres matériaux de récupération va continuer à développer son activité sur ce lieu. Son goût pour les vêtements l’amène aussi à explorer cette voie : couture, création de vêtements, customisations…


Le lieu lui-même deviendra un support à « l’expression artistique » de tous ceux qui auront envie de s’y essayer. L’idée sera de valoriser les éléments naturels présents sur place grâce à la mise en place d’installations éphémères ou durables. Voici 2 photos qui donnent une idée de ce que ça pourrait donner (créations de Sylvain Meyer et Walter Mason).